C’est certainement pour les cancers que l'on dispose du plus de données épidémiologiques issues de la littérature internationale, ainsi que de quelques données françaises permettant d’estimer avec suffisamment de fiabilité la fraction attribuable à des facteurs d’origine professionnelle. Un récent rapport préparé par le Dr. E. Imbernon (Département Santé Travail de l’InVS) dans le cadre de la Commission instituée par l'article l.176-2 du Code de la Sécurité sociale fait le point sur les nombres de cas et des fractions de certains cancers attribuables, dans la population masculine française, à diverses nuisances professionnelles. Selon les hypothèses retenues pour ce rapport :
- 2 713 à 6 051 nouveaux cas annuels de cancer du poumon chez les hommes, responsables de 2 433 à 5 427 décès, seraient dus à une exposition à un facteur cancérogène au cours de la vie professionnelle. Parmi ces cas (incidence ou mortalité), plus de 2 000 sont attribuables à une exposition professionnelle à l'amiante.
- 537 à 578 nouveaux cas annuels de mésothéliome de la plèvre seraient imputables à une exposition professionnelle.
- 625 à 1 115 cas de cancers de la vessie attribuables à des expositions professionnelles surviendraient chaque année chez les hommes en France, cause de 347 à 492 décès.
- 113 cas de cancers naso-sinusiens seraient en relation avec une exposition aux poussières de bois pour l'année 1997.
- 112 à 413 nouveaux cas de leucémies seraient attribuables à des facteurs professionnels en 1995.
De façon plus globale,
c’est environ 20 000 cancers incidents imputables à des expositions professionnelles qui surviendraient chaque année.